EDITORIAL


Les vacances sont loin, les touristes ont rejoint leurs bases, le raisin est rentré, les enfants aussi, les mamies - épuisées et nostalgiques - ont fini de ranger les seaux sablonneux… bref, le village se repose et reprend son train-train : au fil des rencontres dans les rues désertées, l’on remet sa petite chronique personnelle à jour, agrémentée des évènements de l’été. Contrairement aux gens des villes qui repartent vers de nouvelles aventures stressantes, nous, on souffle enfin ; sauf peut-être quelques irréductibles accros au travail…mais il parait qu’il en faut…

En parlant de la gent laborieuse, avez-vous remarqué que nos braves petites hirondelles sont parties ? Si une hirondelle ne fait pas le printemps, un départ en masse fait bel et bien l’automne. C’est à l’ouest de l’Afrique que nos petites bêtes vont passer l’hiver, car plus elles viennent du nord de l’Europe, plus elles descendent au sud de l’Afrique. Donc, les nôtres, en bonnes méridionales, vont émigrer au Cameroun, Centrafrique, Gabon ou Congo. Le voyage est long, périlleux : sur 200 petites hirondelles nées cette année, seules 2 sur 10 survivront au premier voyage et dans 5 ans, 1 seule aura survécu, avec à son actif dix mille heures de vol, cinq voyages au Congo, 35 enfants et 77 petits enfants ! Tout ça pour manger nos mouches et nos moustiques. Allez, ça vaut bien qu’on leur pardonne quelques crottes sur nos trottoirs et façades !