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ECHOS DE LA SOIREE PHILO

"La transgression : nécessité et limites ?"

Si l’éducation a pour but la socialisation sous ses multiples aspects, on comprend qu’elle comporte l’apprentissage de la loi, sous la forme des obligations et des interdits.

Cela étant, une loi doit être obéie. Se pose alors le problème de la légitimité de la loi – une loi énonce ce qui est légal – mais rien ne dit que cette loi est juste, équitable, c'est-à-dire « fondée en raison ». Bien sûr, ce n’est pas à chacun de décider si une loi est juste ! Il faut un consensus majoritaire sur la légitimité ou l'illégitimité de la loi. Exemple parmi bien d’autres : l’illégitimité fondamentale des lois anti-juives de Pétain, ou de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Si donc, une loi est légitime il faut lui obéir. Dans quelles conditions dés lors faudrait-il transgresser une loi ?

La réponse tient pour une large part dans le fait qu’une société n’est pas figée, qu’elle évolue, qu’elle a une histoire. Des lois, même traditionnelles, peuvent perdre leur légitimité et il faut donc les reconsidérer. Mais ce processus est lent. Pour entamer ce processus, des transgressions, par leur caractère parfois spectaculaire, font bouger les choses. Pensons au transgressions célèbres des années 60, relatives à l’interdiction de l'avortement.

Dans la réalité, les choses sont complexes : fallait-il obéir aux lois anti-juives de Pétain ? Ne serait-ce qu’au port de l’étoile jaune ? Si le régime de Pétain, lui-même antisémite, n'avait pas terrorisé les français et collaboré avec les nazis, les lois anti-juives n'auraient pas pu être appliquées.

La question posée suggère qu’il y a des limites à la transgression. Par principe, il y a une « nécessité régulatrice » de la loi – songeons au code de la route ! Il peut être nécessaire de désobéir dans des cas limites. Mais c’est un acte grave qui met en danger le fondement même d’une société.