« Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs ». Pourquoi ne pas relire en ce mois de novembre ce beau poème de Charles Baudelaire : La servante au grand cœur. Novembre, mois du souvenir où le regard se porte vers la terre, terre de nos cimetières, terre des champs de bataille, terre qui s’abrite et se cache sous les feuilles mortes au ton uniforme de la terre… C’est aussi un mois de fêtes, fêtes qui ont la couleur et la profondeur des roux de nos vignes, fêtes étranges empreintes de nostalgie, dernières chaleurs d’un été de la Saint Martin avant le froid de l’hiver.
Etrange, cette soirée d’Halloween qui n’est pas seulement due au mercantilisme made in USA, mais qui correspond à une authentique tradition : le 1er Novembre étant le premier jour de l’année celte, la nuit précédente était celle de tous les dangers, durant laquelle en enterrant l’année passée on laissait la possibilité aux esprits de hanter les vivants. Les manifestations, lumières, défilés d’enfants déguisés, permettent de mettre à distance la crainte de l’au-delà et ne sont nullement signe d’un quelconque irrespect. Etrange aussi cette fête catholique de la Toussaint, fête de tous les saints. Le « martyrologue » comprenant plus de 40 000 noms et l’année seulement 365 jours, ce jour fut institué par le pape Boniface IV, en 609, pour célébrer les oubliés du calendrier et c’est pour faire bonne mesure qu’en 994 on a ajouté la fête des morts, le 2 novembre, comme ça on est sûr de n’oublier personne !
Et nous, n’oublions pas les fêtes de la Saint Martin dont vous trouverez le programme en dernière page de votre journal préféré.