Editorial


Rire ou ne pas rire ? Voilà la question.

Surtout en période de crise, il peut paraître vain de vouloir transformer la fameuse crise en "Crise de fou rire"... Et pourtant, pourtant le besoin de s’amuser est là, et comme le printemps, il revient régulièrement avec son cortège de Carnaval, de Poissons d’Avril, "la politesse du rire", en somme, ou pour plagier le titre d’un magnifique roman contemporain ("L’élégance du hérisson" de Muriel Barbery, pur moment de plaisir à trouver dans toute bonne bibliothèque) : "L’élégance du rire".

La nécessité de faire de Carnaval un moment de transgression de l’ordre social date de plus de 2000 ans. Pendant un temps, les maîtres deviennent esclaves, les serviteurs maîtres, les enfants se déguisent en adultes et les grands font les petits. L’ordre établi est chamboulé, les grincheux moqués et l’autorité mise "Cul par-dessus tête". Un éclat de rire vaut mieux qu’un long discours, et a souvent plus de poids.

Mais ce temps est bien court, le monde d’extravagance et de folie symbolisé par le Bonhomme Carnaval, est jugé, condamné et brûlé sur la place publique... Les gens sérieux se félicitent, et tous se retrouvent avec leurs problèmes. Mais que c’est bon de rire ! Aussi n’oublions pas de remercier tous ceux qui, petits et grands, parents et enfants, ont accepté de jouer le jeu... Et, à l’année prochaine !