Les Nouvelles d'Hier


Soirée philo du 4 mars 2009

La propriété : vol ou droit fondamental ?

"Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire 'Ceci est à moi', et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile."
Cette phrase, tirée du "Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommess de Rousseau, montre l’importance de l’appropriation des biens dans les rapports entre les hommes et des hommes au monde.

Qu’est ce que la propriété ? C’est posséder quelque chose "à bon droit", jouir d’une chose de manière exclusive et absolue, dans la limite prévue par la loi.Il y a différents types de propriété : individuelle ou privée, collective ou publique, capitaliste ou sociale etc... Il peut s’agir, en outre, de biens matériels ou immatériels (brevets par exemple).

La question de fond est : pourquoi et en quel sens s’approprier un bien peut-il être un droit, étant entendu que ce n’est nullement inscrit dans la nature des choses, mais une convention ? Formulée plus crûment, la question devient : dans quelles limites une appropriation est- elle légitime, en admettant justifié le principe de l’appropriation ?

Une analogie avec la "Territorialisation" chez les animaux, peut être éclairante pour justifier ce principe. Un organisme, un corps occupent un certain espace, où ses mouvements peuvent se déployer, la possibilité de se mouvoir, d’aller et venir, et de disposer de quoi survivre - territoire de chasse ou disponibilité de nourriture pour les animaux, pêche, cueillette pour les hommes primitifs -, telle est la justification première de ce droit, considéré comme fondamental dans la "Déclaration des droits de l’homme". Un lieu dont puisse disposer quiconque, sans que personne ne puisse dire "Ote-toi de là que je m’y mette" : c’est cela avoir un corps avec son espace propre.

Dès lors, philosophiquement, le problème se pose de la légitimité de l’appropriation, des divers processus par lesquels, selon les sociétés, on y accède ; et de nos jours particulièrement, dans quelles limites on peut s’approprier des "biens", des "richesses"... beaucoup de biens, un excès de biens, surtout si ces biens sont par nature "sociaux", fruits d’un travail collectif. Comment ces biens, fruits de ce travail collectif, sont-ils répartis, attribués, distribués ? Saint Thomas d’Aquin (1227-1274, loin d’être un révolutionnaire !) assure : "En cas de nécessité évidente et urgente, il est légitime d’utiliser le bien d’autrui pour subvenir à ses propres besoins. On peut le prendre sans pour autant commettre un vol."

La démesure actuelle de certains "parachutes dorés", ou divers types de "bonus", même s’ils sanctionnent d’ailleurs - mais pas le plus souvent ! - une exceptionnelle réussite, sans parler des salaires démentiels de certains sportifs : tout cela éclaire crûment les dérives de nos sociétés dites avancées - et la référence invoquée à des décisions juridiques fondées, ne fait que confirmer cette dérive folle - dont on peut penser qu’elle sombre dans la déraison. Mais, chacun sait que les sociétés sont fondamentalement irrationnelles... Il est d’autant plus urgent de se disposer à réfléchir...

22 mars : autre forme de philosophie


Des nouveaux venus : Les Tamalou qui ont eu beaucoup de succès.

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