Roquefort, Village de Poètes
Le vieil homme et le lierre

Comme un aïeul témoin des plaisirs d’un autre âge
Qui sourit en rêvant et ressent moins l’outrage
En pensant aux anciens qui ont gravé la pierre,
Pour sa part de l’histoire, il a planté un lierre.
Il a voulu pour lui, étendre sa mémoire
A ses petits enfants, et non pas pour sa gloire,
Quand déjà s’ouvre à lui l’âge du souvenir.
Il n’a plus de passé qu’il n’a de l’avenir,
Il aimerait plus tard que dans son beau ramage,
Le rossignol y vienne abriter son plumage,
Qu’il étende ses feuilles sous toutes les saisons
Et qu’il fasse de l’ombre au pied de sa maison.
Quand le soleil levant fait cligner sa paupière,
Il promène longtemps dans la rue qui s’éclaire.
Puis fatigué d’aller, il s’en revient le voir
Et pour se reposer, auprès de lui, s’asseoir.
Naitre, vivre et mourir, Divine Comédie.
Laisser un nom, un arbre, afin que nul n’oublie
Que c’est la main de l’homme, par ce lierre planté
Qui glorifie la terre où il va retourner.
Juin 2000
E.C.