Les Nouvelles d'Hier
5 mai : Hommage à Pierre Cathala
8 mai : Les anciens combattants à l'honneur
Alfred Thuillez, Armand Rodriguez et Pierre Tichadou qui avait reçu le matin même son diplôme des mains du Maire.
Visite du nouveau chai de la Prade
Préselection du Concours de l'Etoile Roquefortoise
Quelques jolies surprises du côté de Roquefort.
24 mai : Paella organisé par "l’Atelier Créatif"
Soirée philo du 4 mai 2010
"La Rumeur"
Avant de voir les problèmes posés par la rumeur, encore faut-il s’interroger sur ce qu’elle est.
En première approximation, on pourra reconnaître que c’est un bruit qui court, une nouvelle qui se répand dans le public, dont l’origine est inconnue et la véracité incertaine. Elle se transmet par le « bouche à oreille », la communication quotidienne spontanée. D’un point de vue philosophique, on peut lui reconnaître le caractère spontané, sans distance, sans examen, en un mot, sans réflexion. Et de fait, dans la communication quotidienne, on n’en a pas le temps ni la volonté. On fait spontanément confiance à la parole énoncée. Paroles sans importance apparente, on ne se sent pas engagé comme quand «on donne sa parole».
Une rumeur est souvent insolite, «croustillante» même. Elle n’est pas innocente le plus souvent. Elle est parfois médisante, ou calomnieuse même. Elle a une volonté, claire ou obscure, de nuire. Et c’est cette intention qui, au fond, fait sa force. Elle est difficile à contrer, à arrêter. On ne peut la combattre, l’éteindre. Elle s’amplifie, s’exagère, s’enfle. On ne peut l’ignorer, pas même la nier, car il faudrait pouvoir prouver sa fausseté, alors même qu’elle ne s’accompagne évidemment d’aucune preuve. Etablir des preuves est long et difficile, alors qu’une affirmation gratuite est facile à lancer et à répandre.
Même une rumeur improbable est crue, parce que le public est crédule et dépourvu d’esprit critique. «Il est plus facile de croire que de douter». C’est, dit Descartes «suspendre son jugement ». Il y a au fond une créance spontanée que l’on est censé accorder d’emblée à la parole d’autrui, sauf raison suffisante.
Enfin, on est emporté par le flot d’informations, dans l’incapacité de marquer une pose permettant l’examen. Ce qui facilite la dispersion de la rumeur, si elle est volontairement répandue en vue de nuire, ou si on ne se l’interdit pas.
D’où les questions multiples à propos de la rumeur. Qu’est-ce que la vérité d’une information ? Comment l’établir ? Le discours quotidien s’en préoccupe-t-il ? Pourquoi la rumeur, c'est-à-dire pourquoi lui accorder crédit sans examen et la colporter ? Surtout pourquoi la volonté de nuire, Ou simplement l’acceptation de nuire à autrui. Enfin, cette fiction ne dépasse-t-elle pas la réalité ? Ne la fabrique-t-elle pas ? («Mentez, mes amis, mentez, il en restera toujours quelque chose».) Le cours des choses reste-t-il toujours dans les limites du rationnel, qui pourtant sert au sens propre de «garde-fou» à la rumeur.